Tout ce que vous croyez savoir sur moi est potentiellement un mensonge : mon nom, mon âge, mon genre, mon lieu de vie. Je n’ai jamais rien voulu livrer à mon sujet. La seule chose que je peux affirmer, c’est que je suis bien l’inventeur du Bitcoin.

Je suis silencieux depuis des années et mon identité reste un mystère. Certains pensent pouvoir m’identifier, d’autres souhaitent que mon anonymat soit respecté. Certains imaginent que je suis seul (seule ?) derrière ce projet, d’autres affirment que nous agissons en groupe.

Je ne peux pas répondre à toutes ces questions. Mais je peux expliquer mes intentions. En créant le Bitcoin, mon but principal était de contribuer à la liberté d’agir sur Internet et à la protection de la vie privée de tous ses utilisateurs.

Cet idéal, je le partage avec un groupe d’activistes : les Cypherpunks. Ensemble, nous voulions créer une monnaie mondiale, infalsifiable, sans intermédiaire, et dont les participants auraient la possibilité de protéger leur identité.

En 2008, alors que la crise financière plongeait les banques traditionnelles dans la détresse, j’ai choisi de dévoiler mon grand projet. Mais très vite, j’ai compris que le Bitcoin devait s’épanouir seul. Pour cela, je devais disparaître.

J’ai voulu rester dans l’ombre pour protéger le Bitcoin. Si aucun nom ne l’incarne, il devient imprenable : personne ne peut être poursuivi, mis en prison. Et surtout, plus personne n’a de pouvoir sur cette monnaie, même pas son créateur.

Le Bitcoin a longtemps été considéré comme une devise peu fiable. Mais après des années d’évolution autonome il est aujourd’hui devenu une puissante force économique. Son histoire questionne tous les échanges monétaires traditionnels, entre institutions et particuliers.

Homme, femme, groupe de personnes… mon identité n’a pas d’importance. Mon histoire est avant tout celle du Bitcoin.